Il y a des villes qui s'affichent et des villes qui se laissent deviner. Zurich appartient à la seconde famille. Voici la ville la plus riche d'Europe, et l'on pourrait la traverser sans s'en douter : pas de démonstration, pas d'empressement, presque rien qui dépasse. Le tramway y est ponctuel, les vitrines sobres, les fortunes silencieuses. L'argent y est ancien et se porte comme les beaux manteaux, l'étiquette à l'intérieur. C'est précisément ce qui rend Zurich délicieuse à qui sait regarder.
Cette réserve a une conséquence heureuse : Zurich ne se visite pas vraiment, elle se fréquente. Ses plaisirs ne figurent pas sur les prospectus ; ils tiennent dans une table bien placée, une promenade au bord de l'eau à l'heure où la lumière tombe, un fauteuil à l'opéra. Autant de choses qui, admettons-le, prennent une tout autre dimension lorsqu'on les partage. C'est dans cet esprit que nous accompagnons depuis des années une clientèle exigeante qui souhaite découvrir la ville en compagnie d'une escorte à Zurich, le temps d'un dîner ou d'un week-end, avec la discrétion qui sied au lieu.
L'essentiel pratique figure sur notre page dédiée à Zurich ; ici, nous parlons d'art de vivre. Voici donc la ville telle que nous l'aimons : à deux, sans hâte, et sans jamais élever la voix.
Le lac, le tempo de la ville
Tout, à Zurich, commence par le lac. C'est lui qui donne le tempo, et ce tempo est paisible. Depuis Bürkliplatz, la promenade des quais file vers le Zürichhorn, bordée d'arbres, ponctuée de bancs et de cygnes qui ont, comme le reste de la ville, une assez haute idée de leur rang. On y croise des marcheurs matinaux, des messieurs qui ont tout leur temps, des couples qui n'en cherchent aucun. On y flâne sans but précis, et c'est très bien ainsi.
Les bateaux blancs de la ZSG quittent l'embarcadère de Bürkliplatz tout au long de la journée. La petite croisière d'une heure suffit à prendre la mesure des rives et de leurs villas ; la grande boucle de deux heures pousse jusqu'à Rapperswil, à l'autre bout du lac. Choisissez la fin d'après-midi : la lumière descend sur l'eau, les Alpes se découpent au loin, et la conversation n'a plus besoin d'être meublée. Le retour se fait au crépuscule, quand la ville s'allume une fenêtre après l'autre, sans jamais scintiller. Peu de villes offrent un tête-à-tête aussi simple à organiser et aussi difficile à oublier.
L'été, la ville entière descend se baigner. De mai à septembre, les bains au bord de l'eau deviennent des salons à ciel ouvert où banquiers et étudiants se croisent en maillot avec le même naturel désarmant :
- le Seebad Enge, posé sur pilotis face aux Alpes, où l'on s'attarde volontiers jusqu'au soir ;
- le Seebad Utoquai, de l'autre côté du bassin, avec ses cabines de bois anciennes ;
- le Strandbad Mythenquai, plus vaste et plus vert, presque une plage.
On comprend vite que les Zurichois n'ont rien à prouver. Ils ont le lac.
À table, sans se donner en spectacle
La grande table zurichoise ressemble à la ville : excellente et peu bavarde. Nulle part cela ne se voit mieux qu'à la Kronenhalle, institution du quartier de Bellevue depuis 1924. On y sert une cuisine classique, généreuse, sans esbroufe, dans des salles où sont accrochés de vrais Picasso, de vrais Chagall, des Miró, des Matisse, des Bonnard. Non pas des reproductions d'ambiance : la collection du collectionneur Gustav Zumsteg, qui l'accrochait ici même, et l'on raconte que certains artistes réglaient leur addition en toiles.
Le plus remarquable n'est d'ailleurs pas la collection, c'est le calme avec lequel la salle vit dessous. On commande, on converse, on lève à peine les yeux vers le tableau au-dessus de la banquette. Le maître d'hôtel connaît les habitués, les habitués connaissent les tableaux, et tout ce monde fait comme si de rien n'était. Dîner entouré de chefs-d'œuvre sans que personne n'en fasse une affaire : voilà, en une image, tout le luxe zurichois.
Le reste de la ville cultive la même pudeur. Une table feutrée de la vieille ville, un guéridon près d'une fenêtre donnant sur la Limmat, une salle voûtée où le service devine plus qu'il ne demande : Zurich excelle dans les adresses qui ne cherchent pas à être vues. Nous ne vous en dresserons pas la liste ; la moitié du plaisir consiste à s'y laisser conduire. Un dîner réussi, ici, ne s'entend pas depuis la table voisine.

Culture et soirées
Le soir venu, Zurich se révèle sans forcer. L'Opernhaus, posé au bord du lac à la lisière de la vieille ville, offre une programmation dense dans un écrin à taille humaine : on y est proche de la scène, proche de la fosse, et la sortie sur la place, quand la nuit est douce, prolonge le spectacle mieux que n'importe quel entracte. Les amateurs de concert lui préféreront peut-être la Tonhalle, inaugurée par Brahms en 1895, dont l'acoustique compte parmi les plus belles au monde. On en sort avec l'envie de ne pas parler trop vite. Réservez tôt : les Zurichois, si réservés soient-ils, ne laissent pas passer une belle distribution.
Traversez ensuite vers la vieille ville. Le Niederdorf déroule ses ruelles pavées, ses enseignes anciennes, ses caves et ses comptoirs, plus espiègle que l'image sage qu'on prête à la ville. C'est là que se trouve le dernier verre, celui qui ne se décide jamais à l'avance : un bar feutré, deux fauteuils, une conversation qui refuse de conclure. L'hiver, on s'y réfugie ; l'été, on y traîne, et personne ne songe à vous presser.
Quant à la Bahnhofstrasse, la haute horlogerie et la joaillerie y tiennent leurs vitrines. On la descend en passant, on s'y attarde si l'envie vient, et l'on n'en fait pas un pèlerinage. Zurich préfère les parenthèses aux programmes.

Où poser ses valises
À Zurich, les palaces ont le bon goût d'être à la hauteur de la ville. Le Baur au Lac, ouvert en 1844, reçoit dans son parc privé, face au lac et aux Alpes ; la même famille le tient depuis sept générations, ce qui explique sans doute cette impression de maison plutôt que d'hôtel. C'est entre ses murs que germa, dit-on, l'idée du Prix Nobel de la paix ; et c'est là qu'en 1856 Wagner dirigea une exécution privée d'extraits de la Walkyrie, des années avant sa création à la scène. Un parc privé en plein centre-ville : voilà un luxe qui ne s'achète plus. Les lieux ont l'habitude des hôtes qui comptent, et cette habitude plus précieuse encore de ne pas le montrer.
Sur les hauteurs, le Dolder Grand observe la ville et le lac depuis le Zürichberg, à quelques minutes du centre et pourtant déjà au calme, avec un spa somptueux signé Norman Foster où des après-midi entiers passent sans qu'on y prenne garde. On y monte pour le spa ; on y reste pour la vue. Deux styles, une même certitude : vous êtes au bon endroit.
Où que vous choisissiez de séjourner, ce sont les Felines qui viennent à vous : votre escorte à Zurich vous y rejoint à l'heure convenue, avec le naturel d'une invitée attendue. Ces maisons ont l'élégance de tout voir et de ne rien remarquer, et c'est peut-être là, plus que dans le marbre et les fleurs fraîches, que se reconnaît un grand hôtel.
Zurich, à deux
Zurich récompense ceux qui prennent leur temps, et le temps est de ces choses qui se partagent. Une promenade au fil des quais, un dîner sous un Chagall, une soirée à l'opéra : ces plaisirs-là changent de texture en bonne compagnie. Une présence juste change une ville ; elle change surtout la manière dont on s'en souvient. Nos hôtesses, cultivées, élégantes, parfaitement à leur aise dans ce décor, en connaissent la juste mesure : présentes sans peser, complices sans familiarité.
Si Zurich figure à votre agenda, écrivez-nous. Nous organiserons votre rendez-vous avec le soin et la discrétion que la ville elle-même vous aura appris à attendre.
Pour aller plus loin
- Zurich Tourisme, le guide officiel de la ville. zuerich.com
- Kunsthaus Zürich, le plus grand musée d'art de Suisse. kunsthaus.ch
- Opernhaus Zürich, l'opéra de Zurich. opernhaus.ch



